Compte-rendu AG du 4 mai 2019

L’association Stalles de Picardie a réuni son Assemblée générale annuelle le samedi 4 mai, dans la salle communale de Saint-Martin-aux-Bois.
L’après-midi a commencé par la présentation des bilans (moral, activités et financier) qui tous ont été adoptés à l’unanimité.
Alain Lebrun, maire de la commune, a ensuite donné les dernières informations sur les travaux pour la restauration de l’abside et des vitraux : les réponses aux appels d’offres sont arrivées, et sont actuellement entre les mains de l’architecte en chef, Vincent Brunelle. Le choix des entreprises qui seront chargées des travaux devrait se faire rapidement afin que les travaux commencent avant l’automne.
Ce calendrier nous permet de prévoir des activités pour l’été 2019 :

  • 7e journée d’étude, le 25 mai, et la publication des Actes de la journée d’étude 2018 (tome 3) – programme
  • 11e journée des Métiers d’art, dimanche 7 juillet, avec des artisans qui exposeront leurs produits, feront des démonstrations, et une Calligraphe qui proposera une initiation à l’art de la belle écriture (il faut s’inscrire) – programme
  • ouverture au public les dimanches après-midi des mois de juillet et août

Comme nous l’avions annoncé, nous n’assurerons pas les journées du patrimoine, mais Les Médiévales auront lieu à Saint-Martin-aux-Bois, grâce à la Confrérie du Cerbère.
Pendant la durée des travaux, l’église sera vraisemblablement inaccessible, mais nous essaierons de proposer des activités : une exposition de photos sur les stalles (de Saint-Martin-aux-Bois et d’ailleurs) pourrait être préparée et présentée à Saint-Martin-aux-Bois mais aussi dans les communes environnantes. Par ailleurs, nous tiendrons nos adhérents au courant de l’avancée des travaux, par l’intermédiaire de la Lettre d’Information.
Enfin, l’année 2020 est celle des 800 ans de la cathédrale d’Amiens, mais aussi des 500 ans des stalles qui la meublent : à cette occasion, un colloque sera organisé, en partenariat avec l’association Misericordia International, l’équipe de recherche TrAme de l’Université Jules Verne et peut-être d’autres associations. Ce colloque aura lieu à Amiens (Logis du Roy et Musée de Picardie) du 19 au 21 novembre 2020.

Au cours de l’assemblée générale ont également eu lieu les élections pour le renouvellement du Conseil d’administration : Dominique Cayeux, Monique Fatras, Gérard Hébuterne et Hervé Le Pochat, membres sortants, sont réélus, et nous avons le plaisir d’accueillir Marie-Christine Guizard, qui complète le conseil (qui compte dorénavant 12 membres).

Après l’assemblée générale, Tristan Lafon, architecte, invité par Philippe Stoeckel, président de l’association des Amis de l’abbatiale de Saint-Martin-aux-Bois, a donné une conférence sur l’état de l’abside et des vitraux, et présenté les travaux à venir.
Lire le compte-rendu

L’après-midi s’est terminé dans l’église où Tristan Lafon a pu expliquer de façon encore plus détaillée les problèmes posés par les vitraux.

Nous avons ensuite partagé le verre de l’amitié.

La miséricorde du mois !

détail stalle de Salins-les-Bains

Nous vous avions demandé:
Que représente cette sculpture ? Que tient ce personnage dans ses deux mains ?

détail stalle de Salins-les-Bains
Salins-les-Bains (Jura)

Et voici la fin du mystère:

Notre dernière photographie ne montrait pas une miséricorde ni un appui-main : c’était le premier mystère !

Cette petite sculpture en faible relief se trouve sur la rampe d’un ensemble de stalles situé dans l’église Saint-Anatoile à Salins-les-Bains (Jura), stalles datées de la fin du 15e siècle.

Dans la plupart des ensembles de stalles, les jouées sont surmontées d’une rampe sculptée de personnages, d’animaux, de monstres sculptés en ronde-bosse, ou de volutes. Ici, les sculptures s’inscrivent sur les deux faces de volutes plates. Chaque jouée est surmontée de deux volutes, ce qui donne quatre petites scènes par jouée. Ce genre de rampe est très rare en France, mais se voit en Grande-Bretagne.

Le deuxième mystère concerne le personnage lui-même : il est à genoux, et tient dans chaque main un objet en bois, muni de grosses piques (sans doute métalliques). Cet homme n’a pas de pieds : il marche à quatre-pattes, sur les genoux et les mains, ces sortes de patins évitant le contact des mains et du sol.

Des pauvres, mutilés, mendiants, se rencontrent dans différents ensembles de stalles médiévales : une miséricorde des stalles de l’ancienne abbaye de Saint-Lucien-lès-Beauvais, au musée national du Moyen Âge, à Paris, montre un mendiant, pauvrement vêtu, à la porte d’une masure, une jambe mutilée et soutenue par un pilon qui lui permet de marcher. Mais nous n’avons jamais vu sur des stalles l’objet qu’utilise le personnage de Salins-les-Bains, objet qui est cependant présent sur des tableaux de Pieter Bruegel, dit l’Ancien, par exemple Le Combat de Carnaval et Carême (daté de 1559, conservé au Kunsthistorisches Museum de Vienne), ou sur un devant d’autel récemment présenté dans l’exposition L’art en broderies au musée national du Moyen Âge : la broderie de la Légende de saint Marc et de saint Jean (1e moitié du 14e siècle) provenant de l’hôpital civil de Malines met ainsi en scène un personnage estropié implorant saint Martin.

Mendiant
Antependium-Malines

Journée d’études 2019

Samedi 25 mai a eu lieu la 7e journée d’étude à Saint-Martin-aux-Bois qui a permis d’écouter sept communications sur les rapports entre les chanoines réguliers et les acteurs politiques, en Picardie mais aussi dans d’autres régions de France proches ou lointaines et même en Italie. Guy de Baudreuil, abbé commendataire de 1492 à 1531, a fait l’objet de deux conférences traitant du rôle qu’il a joué pour la reconstruction de l’abbaye à la fin du xve siècle en s’appuyant sur ses proches et sa famille, qui ont participé largement à la réalisation des œuvres d’art qui meublent encore actuellement l’église.

La journée s’est terminée par une visite du village : non pas une visite touristique, mais plutôt une recherche des traces de la vie médiévale des villageois et des chanoines. L’emplacement du puits du village a pu être précisé, celui de l’église paroissiale (attestée dans les sources écrites en 1445, mais dont il n’est plus question dans les écrits suivants) n’est pas sûr mais tout de même probable… Les fermes que possédaient les chanoines, le moulin à vent, les carrières… ont été évoqués et situés lors de cette promenade qui a conduit naturellement à l’église, où s’est terminée la journée.

Comme chaque année, nous allons rassembler les textes des communications et nous vous proposerons les Actes de cette journée d’étude au printemps 2020.

Actes de la journée 2018

Au cours de la journée d’étude de mai 2019, ont été présentés les Actes de la précédente journée : Les monastères de chanoines réguliers en France du xie au xviiie siècle, un volume de plus de 200 pages de textes et illustrations.

Pour acquérir ce beau volume, il suffit de le commander en renvoyant le bon de commande, accompagné du paiement, à Stalles de Picardie – 58, rue du 11 novembre – 80890 Condé-Folie. Mais vous pourrez aussi le trouver cet été, lors d’une visite à Saint-Martin-aux-Bois !

Les poissons du mois d’avril (la photo mystère)

poissons
poissons

Ces deux beaux poissons ornent une miséricorde des stalles de l’église collégiale de Salles-Curan (Aveyron). C’est un motif qui n’est pas très fréquent dans les stalles : on peut voir des poissons, disposés différemment, sur une miséricorde de Mauvezin (Gers).
Quel sens peuvent avoir ces poissons ? Sens religieux, le poisson étant un symbole christique ? Mais la miséricorde voisine montre une belle écrevisse… Le sculpteur a peut-être simplement voulu évoquer la nature et les rivières fraîches et rapides des environs de Salles-Curan…

Mauvezin-poissons
Miséricorde des stalles de Mauvezin, deux poissons dressés
écrevisse
écrevisse

Nos activités en 2019

L’association Stalles de Picardie a réuni son Assemblée générale annuelle le samedi 4 mai , dans la salle communale de Saint-Martin-aux-Bois. Compte-rendu

Journée d’études du 25 mai . Compte-rendu

Journée des Métiers d’art du 7 juillet LIRE

Visites les dimanches de juillet et août

Tous les dimanches après-midi de juillet et août, visites libres ou guidées, de 14 h à 18 h (gratuites)

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A PROPOS DES JOURNÉES DU PATRIMOINE:

En raison des travaux qui vont démarrer à la fin de l’été sur l’abside de l’église, nous ne participerons pas cette année aux Journées du Patrimoine.

Mais nous vous informons de l’organisation, autour de l’abbatiale, d’une manifestation qui devrait aider à la faire connaître.
Nous ne sommes pas les organisateurs de cette manifestation. Pour tout renseignement la concernant, s’adresser à la Mairie et aux organisateurs.

Vous pouvez cliquez sur l’affiche ci-dessous pour en savoir plus:

médiévale de l'abbaye de Saint-Martin-aux-Bois

Coup d’œil sur la lettre d’info n°58

Télécharger la version intégrale

Cette Lettre a été l’occasion de faire le bilan de l’année 2018 et de rappeler les principales activités. De nombreuses visites de groupes ont amené un public très intéressé ; lors des journées du patrimoine nous avons accueilli les membres d’une association amie, Repères, spécialistes d’astronomie, qui ont déployé un planétarium dans l’église, permettant aux visiteurs d’apprécier l’architecture avant de découvrir les étoiles… D’autres journées particulières ont eu lieu, dans le cadre de l’année européenne du patrimoine, organisées en collaboration avec Amélie Méthivier, restauratrice de la chaire à prêcher : les 2 et 16 juin, puis le 29 septembre, les acteurs de la restauration-conservation sont venus présenter leur travail, leurs techniques, et les résultats des différentes restaurations entreprises sur le mobilier de l’église. N’oublions pas la journée des Métiers d’art, le 1er juillet, qui a également attiré un public nombreux et ravi de découvrir, dans le cadre de l’église abbatiale, toutes les réalisations des artisans d’art invités.

2018 a vu la parution d’un nouveau volume d’Actes des journées d’étude (le premier volume est sorti en 2015, pour les journées d’étude des années 2012, 2013 et 2014). Le tome II rassemble les dix communications présentées lors des journées d’étude des mois de mai 2015 et 2016 : sont évoqués l’architecture de l’église, et notamment l’usage du métal, l’architecture et les fonctions possibles du Galata, les rapports entre les chanoines et les habitants du village, la réforme subie par l’abbaye sous l’influence des Génovéfains, au XXe siècle…

Ce volume d’environ 170 pages, richement illustré, est disponible auprès de l’Association (voir Publications).

Samedi 26 mai 2018 a eu lieu la 6e journée d’étude à Saint-Martin-aux-Bois. Nous avions, cette année, choisi de travailler sur les chanoines réguliers des différentes régions de France, du XIe au XVIe siècle.

Grâce aux dix orateurs, nous avons  pu rencontrer des chanoines vivant en Savoie, en Bretagne, en Ile-de-France, en Picardie, et comparer leurs modes de vie, leurs activités, les abbayes dans lesquelles ils vivaient, les prieurés qu’ils desservaient, car si tous les chanoines réguliers sont soumis, comme leur nom l’indique, à une règle, celle de saint Augustin bien souvent, ils peuvent, dans une certaine mesure, adapter leur vie aux conditions matérielles et aux exigences de leur implantation. Le monde canonial est très varié, très riche, et beaucoup plus près des fidèles, puisque, à la différence des moines, ils jouent, au Moyen Âge, un rôle important dans la vie des paroisses.

Toutes les conférences présentées le 26 mai seront réunies dans un troisième volume d’Actes, qui sera disponible lors de la prochaine journée d’étude…

Samedi 25 mai 2019, 7e journée d’étude

Cette septième journée d’étude concernera toujours les chanoines réguliers, et nous essaierons de voir quels ont été les rapports entre les pouvoirs, qu’ils proviennent du roi, d’un seigneur, des autorités ecclésiastiques, et les chanoines. Les communications porteront sur des abbayes de toute la France, et, bien sûr, sur celle de Saint-Martin-aux-Bois.

Le programme n’est pas encore établi, nous le diffuserons au cours du mois de mars, mais vous pouvez d’ores et déjà réserver la date du 25 mai 2019.

La Lettre de décembre évoquait aussi les travaux qui doivent être entrepris sur l’abside de l’église, et la campagne de mécénat lancée pour aider la commune à trouver le financement complémentaire : le coût total des travaux est supérieur à 1 000 000 €, et malgré l’aide de la DRAC et du Conseil départemental de l’Oise, le reste à charge est très lourd pour la commune. L’appel à mécénat lancé par la plateforme DARTAGNANS a permis de rassembler une somme de 6 500 €, mais un complément est recherché (voir Actualités).

La photo mystère du mois de mars

le baiser

Que vous inspire cette photo ? D’où vient cette miséricorde ?

Écrivez-nous, dites-nous à quoi elle vous fait penser, ce qu’elle représente… Il n’y a rien à gagner, juste le plaisir du jeu.

Bien sûr, d’ici quelques temps, nous vous donnerons des informations sur cette miséricorde et l’ensemble dont elle fait partie.

Et voici la fin du mystère…..:

Deux personnes échangeant un baiser dans les stalles… Non, il ne s’agit pas de deux religieux, mais d’un homme, à droite, et d’une femme, à gauche, dont nous ne voyons que les visages. L’homme est tête nue, alors que la femme porte un bonnet serré qui dissimule ses cheveux.
Il est bien difficile de dire qui est ce couple et pourquoi il a été sculpté dans l’ensemble qui meuble l’église collégiale de Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne).
Trente-deux stalles de la fin du XVe siècle composent cet ensemble, mais il ne reste que la partie basse des sièges, les hauts dossiers et dais ayant été supprimés.
Si vous visitez cette église, n’hésitez pas à vous approcher, observez soigneusement les appuie-mains et les miséricordes, vous y découvrirez des monstres, des visages d’hommes ou de femmes, un lapin, une sirène, une chauve-souris, un petit joueur de flûte, des anges…

Rendez-vous ici pour la prochaine photo-mystère