La chapelle

Dans le haut du bas-côté sud s’ouvre une porte majestueuse, qui conduit à une chapelle (maintenant utilisée comme sacristie). Cette chapelle a été ajoutée au début du XVIe siècle, par Guy de Baudreuil : la présence de son blason sur les voûtes et les murs confirme son rôle dans l’ajout de cette chapelle à l’édifice d’origine. Ce petit oratoire est constitué de deux travées voûtées d’ogives à liernes et tiercerons, caractéristiques du gothique flamboyant. La chapelle abrite une Lamentation sur le Christ mort, œuvre qui montre une influence de la Renaissance italienne. Ce moment est rarement représenté dans l’art français : c’est l’instant qui suit la descente de Croix, avant la mise au tombeau, et rassemble seulement trois personnes, la Vierge, saint Jean et Marie-Madeleine, reconnaissable à ses magnifiques vêtements et à sa boîte à parfums.


porte de la chapelle

La porte qui mène à cette chapelle montre elle aussi une influence de la Renaissance, avec une ouverture en anse de panier flanquée de pilastres, surmontée d’un fronton luxuriant qui accueille une belle statue d’une Vierge à l’Enfant. La porte est ornée de motifs renaissance et de trois sibylles, Erythrée, symbole de l’Annonciation, de Cumes, qui annonce l’âge d’or prédit par Isaïe, et Europe, préfigure du massacre des Innocents.

Statue de la Vierge à l’Enfant – entrée de la chapelle

Il est probable que le fronton de la porte a été réalisé spécialement pour accueillir cette grande statue.

Sa taille la différencie nettement de la petite statue qui a récemment retrouvé sa place dans l’église, mais les deux Vierges portent l’Enfant sur le bras gauche, et montrent le même hanchement qui permet de rétablir l’équilibre du corps.

Cette grande statue peut être qualifiée de moins riche que la précédente, dans la mesure où la Vierge ne porte pas ici de couronne. Sa tête est couverte d’un voile qui laisse dépasser légèrement les cheveux qui tombent en longues boucles. Ce voile, long et ample, descend devant elle, couvre sa poitrine, et se déploie devant la robe en très nombreux plis. Sa main gauche retient le voile sur lequel est assis l’Enfant. Sa main droite est cassée, mais semblait tenir un objet, une fleur peut-être ?

L’Enfant pose la main droite sur la poitrine de la Vierge, mais ne saisit pas le sein, qui n’est pas visible. Il ne fait rien, ne tient rien dans les mains. Son visage et son regard sont dirigés vers sa mère, qui, comme pour la petite statue, ne semble pas le voir : elle a le regard lointain, pensif, qui passe au-dessus de la tête de l’Enfant… C’est du-moins ce que l’on voit lorsqu’on regarde la statue en étant au sol. Lorsqu’on se trouve plus près du visage, à sa hauteur, on a l’impression que mère et enfant se regardent. L’expression du visage de la Vierge est également délicate, ambiguë ; elle ne sourit pas, mais le visage est calme.

Des traces de polychromie sont très visibles : les cheveux de la Vierge sont dorés, les plis de la robe sont bleus, et des traces de jaune soulignent le voile (cette polychromie n’est peut-être pas d’origine : elle a pu être refaite au moment où la statue a été installée dans la niche renaissance. Des analyses permettront sans doute un jour d’en savoir plus !)